Dis-moi que tu m’aimes

Francisco de Paula Fernandez, Dis-moi que tu m’aimes, Albin Michel, 2012.

Minnie16 de son prénom Paula et Angel de son pseudo Lennon se sont donné rendez-vous dans la vraie vie après deux mois de discussion sur Facebook. Le jour J arrive, Paula attend mais Angel lui, n’arrive pas. Elle décide alors de rentrer dans un Starbucks. C’est là qu’elle croise Alex : un jeune homme « au-sourire-qui-tue » qui lit le même roman qu’elle « j’ai failli te dire je t’aime ». Point de départ d’un imbroglio amoureux.

J’ai été tenté de faire un schéma heuristique en guise de billet pout démêler cet énorme nœud amoureux. Mais j’ai réussi à lutter contre toute aliénation et déformation professionnelle… Enfin qu’à moitié. Les élèves réclamaient des romans d’amour, les voilà servis et moi aussi. J’ai eu l’impression de tomber dans un paquet de chamallow dégoulinant. Petit aperçu.

Paula et Angel sont amoureux (avant même de se rencontrer, oui ça commence fort !). Mais Paula rencontre Alex avant Angel. Et Angel est en retard à son premier rendez-vous à cause de Katia, chanteuse espagnole à succès. Alex tombe sous le charme de Paula, Katia sous celui d’Angel. Paula est aussi aimée en secret par Mario, le frère d’une de ses meilleures amies. Ce dernier sera bientôt convoité par Diana, une autre meilleure amie de Paula. N’oublions pas Irène, demi-sœur (par alliance) d’Alex, une bombe de 22 ans qui fera tout pour mettre son « demi-frère chéri » dans son lit… si, si je vous assure… et ça a duré comme ça pendant 766 pages. Heureusement le talent d’écriture de l’auteur rend la lecture plus facile. Autre petit aperçu.

« Paula sourit et raccroche [appel avec Diana]. Sans se douter de ce que lui réserve la soirée, elle rentre tranquillement dans la station ». Frottement de mains. Frisson. Excitation. SUSPENSE et… plate déception : Paula avait rendez-vous avec Mario pour réviser l’exam’ de maths mais celui-ci s’est endormi puis sa soirée a été ponctuée par deux échanges de SMS avec Angel et Alex. Voilà. Il est difficile de se souvenir dans quel état de niaiserie nous étions adolescent. Mais ce roman nous replonge incontestablement dedans. La niaiserie atteint un tel niveau que cela en devient mignon et attachant. On a de nouveau 14 ans et on se retrouve embarquer dans la trépidante vie lycéenne. A la quête d’un élixir de jeunesse ? Lisez Dis-moi que tu m’aimes, sinon abstenez-vous.

Et s’il fallait mettre une note : ☆☆☆

La vie des gens

François Morel, Martin Jarrie, La vie des gens, Les fourmis rouges, 2012.

Martin Jarri est accueilli en banlieue parisienne pour répondre à une commande de la municipalité : réaliser un travail sur la ville et ses habitants. Il va alors à la rencontre de quinze personnes. Il demande à chacune d’apporter un objet qui leur est cher. Il les peint et envoie ses portraits, visages et objets, à François Morel qui les transforme en textes.

vie des gens

« Décider de donner la même importance à ces objets banals qu’aux visages de leur propriétaire, c’était déjà une manière de raconter une vie ». En effet, à travers chacun de ces objets – a priori anodins – on découvre des vies, des souvenirs, des regrets, des espoirs, des fantasmes… Des parcours de vie touchants.

Parmi eux et entre autres, Paulette et son cochon en porcelaine : dernier cadeau de son défunt mari, mort deux ans avant la retraite, mort deux ans avant de réaliser son rêve de faire le tour du monde avec les économies d’une vie matérialisée par un objet que l’on aurait souhaité briser au profit d’une vie trop tôt arrachée. Kader, lui, croque  la vie à pleines dents, ses baskets au pieds :  « Quand je marche dans la rue, j’hésite toujours entre vouloir que mes baskets me permettent de m’envoler et de m’accrocher à un avion qui vient de partir de Roissy, ou qu’elles me ramènent chez moi pour faire tranquillement le tour du monde, le temps d’une cigarette empruntée dans le blouson de mon père ». Elsa nous parle de  la guitare de son mari comme un symbole de liberté et d’évasion loin de la dureté de la vie et de ses déceptions. Michel partage ses différents voyages, avec sa femme peintre, à travers un souvenir du Pakistan : une robe offerte par des amis kalash. Marie-Claire vit, survit, revit à travers les nouvelles technologies. Antoine, lui, est coiffeur à défaut d’être photographe « pour renouveler les clichés », les idées reçues…

On rentre ainsi dans l’intimité de la vie des gens à travers un simple objet. La description de ces objets, pour beaucoup du quotidien, permet à ces personnes qui n’ont pas forcément l’habitude de parler d’eux de mettre des mots sur ce qui est longtemps resté sous silence. Les auteurs se sont également prêtés au jeu :

La vie des gens est un ensemble de témoignages émouvant et éloquent. Sous forme d’un album jeunesse, il est à mettre entre les mains des petits comme des grands !

Et s’il fallait mettre une note :

L’Arabesque

Erik Poulet-Reney, L’Arabesque, Oskar, 2013.

Le jour de ses 18 ans, Nora apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Son père n’est pas son père.

« Tu as toujours eu cette belle cascade de cheveux, ma Nora… Je t’ai souvent enviée, tu sais. » commence Emma, sa mère. « L’allusion à ses épais cheveux noirs et crantés ne lui avait jamais été faite qu’à l’école, au collège, au lycée et aux cours de danse. Jamais au seine de la famille. » Symbole d’un lourd secret de famille. « Question d’atavisme, lui avait dit un prof. Empreinte génétique d’un aïeul… » L’aïeul en question n’est autre qu’Idriss, le père biologique de Nora. Idriss disparut du jour au lendemain abandonnant Emma, laissant ainsi la place à Samuel, père adoptif de Nora.

Pourquoi ?

La vérité est ailleurs. De l’autre côté de la Méditerranée. Nora le sait. C’est pour Marrakech qu’elle va s’envoler. Nous assistons alors à un vrai voyage initiatique durant lequel Nora va rencontrer l’amour, à son tour. Un sentiment encore méconnu, il contribuera à sa construction identitaire tout comme, évidemment, la rencontre avec son père. Nora est désormais L’Arabesque : « L’Arabe ou presque. » Ses mouvements légers et souples de danseuse se fondent admirablement bien dans un décor merveilleux digne des mille et une nuit.

L’Arabesque est un roman jeunesse qui se lit bien. Tout en abordant la délicate question des secrets de famille Erik Poulet-Reney nous fait voyager à travers des descriptions maîtrisées.

Et s’il fallait mettre une note :

Le loup !

Orianne Lallemand, Le loup qui voulait changer de couleur, Auzou, 2009

En ce 25 décembre, jour où l’enfant est roi, je vous propose un petit  retour en enfance en compagnie d’un personnage clés des contes enfantins : le loup ! Le loup qui voulait changer de couleur est une histoire écrite « pour les p’tits loups qui ne se trouvent pas beaux, et qui le sont, tellement ».

COUV

Il était une fois un gros loup noir qui n’aimait pas sa couleur car il la trouvait trop triste.

noir

Lundi il essaya le vert en se plongeant dans un gros pot de peinture mais cela n’allait pas du tout car il resemblait à une grosse grenouille.

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Mardi il enfila le pull de laine rouge que lui avait tricoté sa grand-mère. Mais d’un coup on aurait dit Père Noël. Cela n’allait pas du tout !

rouge

Mercredi le loup se faufila chez le fermier et cueillit toutes les roses du jardin afin de se couvrir le corps de pétales de fleurs. Il n’avait alors rien à envier à une princesse… Cela n’allait pas du tout.

princesse

Jeudi le loup se plongea dans un bain glacé pour en sortir tout bleu, mais cela lui donna bien mauvaise mine. Cela n’allait pas du tout.

jeudi

Vendredi il mangea un panier entier d’oranges. Il en récupéra les écorces pour se les coller soigneusement sur tout le corps. « De près, on [aurait] dit une carotte géante, et de loin, je ressemble à un renard ! » Cela n’allait pas du tout.

orange

Samedi le loup se roula dans une marre de boue et sortit ainsi tout marron. Mais vous l’aurez compris, nous avons à faire ici à un loup très coquet, l’odeur qui émanait de ce dernier ne lui convenait pas du tout !

marron

Dimanche le loup alla à la chasse au paon et tomba sous le charme de ses belle plumes. Il le dépluma aussitôt pour s’en parer. Il se trouva alors très beau. Mais il fut vite victime de son succès : le loup fut bientôt très convoité par de nombreuses louves.

PicMonkey Collage

Un soir à bout de nerfs il enleva tout ses artifices et se contenta à lui même. Simplicité et naturel, voilà, qui lui allait parfaitement bien !

loup

La lecture de ce petit album est très agréable. On se prend vite au jeu. Mais si comme moi, vous avez un peu plus de 2,5 ans, vous risquez de saturer au bout du cinquième « tata on lit le loup?!! ».

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STYLE ENFER

Anthony Pastor, Style Enfer, Actes Sud, 2013

Kimberley, Kim Lee a 15 ans. Elle voit sa vie basculer lorsque son frère, Kévin, est accusé du meurtre de sa petite amie Valentine. Elle refuse de le croire. Elle va tout faire pour l’innocenter sans se douter qu’elle allait, elle-même, se confronter au danger…

9782330024253Kim Lee a un caractère et un style bien tranchés qui ne font pas l’unanimité. Elle le sait d’ailleurs : « J’avoue, mon style est particulier, unique même, ou plutôt ultime. Surprenant en tout cas. Un mélange personnel fait d’emprunts aux gothiques, aux punks et aux clowns, très déstabilisant pour la plupart de mes concitoyens. J’appelle ça le style enfer ». La couleur dominante est le rouge, pas le noir comme on pourrait s’y attendre. Car contrairement à beaucoup de mes camarades de lycée, la tendance au macabre ne me branche pas. Je vois l’enfer comme un lieu festif, une rave party colorée avec un son énorme. Des feux partout, qui réchauffent les âmes… » Mais sa vision de l’enfer change complètement après l’avoir réellement vécu lors de la quête d’innocence de son frère, en compagnie des amis de celui-ci autant torturé que déjanté Pierre et Rico.

Style Enfer est un thriller pour ados qui se lit bien (en une soirée c’était bouclé). Le rythme est dynamique, l’auteur sait nous tenir en haleine jusqu’au bout. On passe un agréable moment. L’intrigue est un peu simple, facile mais conviendra très bien au public visé.

Et s’il fallait mettre une note :

Rouge Tagada

Charlotte Bousquet. Stéphanie Rubini, Rouge Tagada, Gulf Stream, 2013

Layla fait sa rentrée au collège Marie Curie. C’est la nouvelle de la 4ème D. Son arrivée ne laisse pas indifférente Alex qui la repère dès le premier jour. Mais Layla est réservée, il est difficile de l’aborder. Les choses basculent au bout d’un mois, seulement . Layla tapote sur l’épaule de la jeune fille pour lui demander un stylo. C’est le début d’une amitié. Alex et Layla deviennent inséparables. Cette relation presque fusionnelle pose question. Les regards changent. Les langues se délient.

Collectif-Rouge-TagadaMais lors de son retour de chez son grand-père Layla est différente. Elle a rencontré un garçon dont elle est tombée amoureuse.

Rouge-Tagada-Trop-de-tropAlex est anéantie : « J’avais tellement mal au ventre, au cœur, à l’âme que je n’avais même plus envie de pleurer, juste de vomir, de fuir, d’en finir, de mourir ». Depuis sa rencontre avec Layla, il faut le dire, Alex est bouleversée par des sensations troublantes. Des sensations qu’elle garde sous silence peut-être par peur du jugement des autres, par crainte de perdre son âme sœur  ou simplement par méconnaissance d’une sensation nouvelle dont elle ne sait quoi faire.

Rouge-Tagada-planche-1J’ai découvert cet album grâce à Moka qui conseillait à tous les professeurs documentalistes de se le procurer pour leur CDI. C’est chose faite ! Et je ne regrette pas l’achat, bien au contraire (merci Moka ! ). D’abord, le graphisme (dessins, couleur..) est beau, attractif et incite à lire. Puis l’intrigue est touchante et très intéressante à maintes égards.

Les auteures s’attaquent ici à des thématiques complexes : l’adolescence, la quête d’identité, découverte de soi et de l’autre à travers le corps, l’attirance sexuelle… En effet, l’adolescente est une période délicate, de transition où l’on se cherche, se découvre parfois via le regard cruel des paires. On cherche un groupe d’appartenance qui serait susceptible de nous accueillir en son sein… Mais lorsque l’on se découvre des attirances qui ne font pas l’unanimité les choses deviennent plus difficile. En effet, les auteurs abordent ici un sujet encore fragile surtout lorsqu’il touche un public qui l’est tout autant : l’homosexualité féminine.

50479443_10514000Cet album est à mon sens efficace. A la fois frais, léger et fin, il pousse à la réflexion en mettant en lumière un sujet qui fait encore polémique dans notre société. Aussi le dénouement un peu brutale de l’album retranscrit bien les souffrances que peut générer une histoire d’amour impossible.

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Et s’il fallait mettre une note :

 

Je sauve le monde dès que je m’ennuie

Guillaume Guéraud, Je sauve le monde dès que je m’ennuie, Rouergue, 2012

« Eugène est incapable de se concentrer », « Eugène est incapable de supporter les contraintes », « Eugène est incapable de faire des efforts pour modifier son comportement » écrit Mme Charbonneau dans le dossier scolaire de l’enfant rêveur. En effet, Eugène a une imagination débordante. Dès qu’il peut, il s’évade dans le royaume des songes pour vivre des aventures extraordinaires avec ses héros préférés : Jack Sparrow, Spiderman, Naruto. Mais face à son comportement, ses parents s’inquiètent. Alors, pour tenter de solutionner le problème ces derniers prennent rendez-vous chez un pédopsychiatre-comportementaliste.

sauve_le_monde_couvDiagnostic : » Eugène rêve un peu trop mais ce n’est pas grave […] Eugène a juste besoin de s’évader » . Diagnostic qui provoque de vives réactions chez ses parents : « C’est tout ce que vous avez trouvé ? […] Juste besoin de s’évader ? Mais on en a tous besoin !  » Puis le verdict médical final tombe :  » oui, mais votre fils, lui, est capable de le faire ».

je sauve le monde des que je m'ennuie

L’auteur semble ici vouloir plaider la cause de ces enfants rêveurs que l’on veut coûte que coûte ranger dans des cases dès le plus âge. Un enfant résistant aux cadres imposés par les grands sera forcément un enfant différent. Une différence  qu’il faudra vite gommer à coup de baguette psychanalytique !

Je sauve le monde dès que je m’ennuie est un petit roman drôle, sans prétention, accessible à tous et donc facile lire. A mettre entre les mains des petits comme des grands !

Et s’il fallait mettre une note :

Rentrée littéraire 2013

Ito Ogawa, Le restaurant de l’amour retrouvé, Editions Philippe Picquier, 2013

Un jour, en rentrant chez elle, Rinco, une jeune femme de 25 ans, retrouve son appartement complétement vide. Son petit ami avait disparu avec toutes leurs affaires. Désemparée, elle ne peut rester. La douleur est trop forte. Elle doit partir. Elle retourne alors, malgré elle chez sa mère, Ruriko, au bout de dix ans. Ruriko est un personnage farfelu qui vit avec Hermès, un cochon apprivoisé, pourri gâté.  Tout oppose Rinco et Ruriko. La cohabitation s’avère complexe. Mais cela était sans compter sur le restaurant de l’amour retrouvé….

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Suite à son chagrin d’amour, Rinco a perdu sa voix. C’est désormais grâce à des fiches bristol qu’elle communique avec le monde extérieur. Il s’agit peut-être nous explique-t-elle « d’une sorte de névrose déclenchée par le choc psychologique ». Mais pas seulement. Plus tard elle se rasera complétement la tête : elle n’a « plus le moindre désir de [se] montrer sous un jour avantageux ». Ne pas séduire, ne plus être séduite, pour ne plus souffrir. Rinco a désormais besoin de se protéger du monde qui l’entoure, de se réfugier dans sa passion corps et âme pour ne plus entendre son cœur hurler de douleur.

Rinco a un don prononcé pour la cuisine. Elle avait tout perdu mais il lui restait sa passion, la cuisine, et son corps pour se réaliser pleinement. Après négociations avec sa mère elle obtient de réaménager la remise familiale pour la transformer en restaurant, grâce à l’aide de Kuma, un ami de la famille. Elle nommera ce hâvre de paix L’Escargot : « désormais, avec ce restaurant posé sur mon dos, j’avancerai, lentement. Le restaurant et moi, nous ne formerions plus qu’un. Si je me repliais dans ma coquille, j’y trouverai un paisible lieu de retraite. » Rinco réinvente, avec des produits locaux, des plats traditionnels qui réveilleront avec lenteurs les émotions enfouies de ses clients. La cuisine de Rinco fait des miracles. Elle a l’art de rendre les gens heureux. Elle réalise les rêves, elle redonne le goût de vivre à une vieille dame endeuillée depuis des décennies, elle redonne vie à un lapin à l’agonie… Sa cuisine aurait même, semblerait-il, les même vertues qu’un flirt d’amour. C’est la cuisine de Rinco qui permettra, d’ailleurs, à sa mère de réaliser son rêve de jeune lycéenne : se marier avec son premier amour, le seul et le vrai.

C’est ainsi que l’Escargot devient le restaurant de l’amour retrouvé : premier amour, amour filial, amour propre, amour passionnel, amour pour la cuisine (un évènement tragique paralysera le don de Rinco mais vous comprendrez que je ne peux tout vous révéler ici ! )

Une des clause de la négociation mère/ fille, lors de l’obtention de la remise fut Hermès. Rinco est désormais en charge de ce cochon domestique, de luxe. Chaque matin, Rinco se lève aux aurores afin de préparer du pain maison – aux fruits secs de préférence –  pour Hermès. De longues pages sont consacrées à la complicité naissante et de plus en plus étroite entre la cuisinière de génie et le cochon capricieux. Au départ, j’ai trouvé cette relation étrange, j’ai même trouvé que l’auteure lui consacrait une place trop importante. Mais j’ai fini par m’y faire. Hermès, personnifiée, fait pour moi partie intégrante de la famille de Rinco. Cette dernière la considère d’ailleurs comme sa propre sœur (oui le cochon est en fait une truie). Alors, le jour où (jour inattendu en plus! ) Ruriko demande à sa fille comme dernière volonté (QUOI ?! Elle a dit dernière volonté ? OLALA que de rebondissements ! ) de cuisiner Hermès pour ses noces, le lecteur accueille la nouvelle sous le choc. Un vrai crève cœur. Mais les raisons de ce sacrifice sont expliquées de telle manière que nous arrivons au final à le trouver beau et noble : l’art et la manière de dire les choses.

La lecture est agréable. J’ai passé un bon moment.  Mais à plusieurs reprises, je me suis surprise à sourire presque de manière sarcastique en disant d’une voix quasi éteinte (victime d’une laryngite et non d’un chagrin d’amour veuillez excuser mon manque de glamour) « ooh comme c’est miiignoooon !! ». Je n’irais pas jusqu’à dire que certains passages sont niais (presque en fait), mais peut-être juste un peu trop mielleux pour moi. L’auteure, Ito Ogawa, a beaucoup écrit de livres pour enfants, je crois qu’en lisant Le restaurant de l’amour retrouvé, nous pouvons le deviner.

Ceci étant dit ce Ogawa reste un beau roman d’amour et de partage et je pense qu’il peut largement trouvé sa place sur les étagères d’un CDI de lycée.

Et s’il fallait mettre une note :