Momo

Rony Hotin, Garnier Jonathan, Momo, Casterman, 2017

Momo a six ans. Elle vit avec sa grand-mère en attendant le retour de son père parti en mer. Débordante d’énergie, la fillette au caractère bien trempé met à rude épreuve la patience de sa grand-mère.

Momo - Tome 1

Momo ne manque pas d’imagination lorsqu’il s’agit de partir à l’aventure dans le village. Elle ne recule devant rien. Toujours prête à faire de nouvelles rencontres, elle n’hésite pas à se chamailler avec un groupe de garçons pour se faire entendre du haut de ses six petites années. Bref un été bien rempli de quoi épuiser mamie.

« Hey le bon dieu ! Dis à mon papa qu’il faut qu’il rentre vite ! Et dis-lui que je lui fais des gros bécots ! Et mamy aussi, elle lui fait des bécots ! … Même si elle pique un peu… »

Les auteurs nous replongent dans nos souvenirs de l’enfance avec brio tant par les mots que par un graphisme tout en rondeur (très proche du trait des mangakas) avec de belles couleurs vives qui éveillent et émerveillent. On tourne les pages avec la nostalgie de nos petites bêtises, de nos excursions hors de la maison qui nous semblaient être alors de grandes aventures périlleuses… Des chagrins, des joies…  Bref un émerveillement continu que vient parfois contrarié la vraie vie du monde adulte.

Emportée par le parfum de l’enfance, j’ai été surprise par la scène de fin inattendue pour moi… Brutale. Je dois l’avouer, une larmichette a failli rouler sur mon visage soudain attristé. Je ne m’attendais pas à être autant retournée par une BD jeunesse. Très hâte de retrouver Momo dans le tome 2.

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Momo (Tome 1)

 

 

 

 

 

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Chez Noukette

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Là où vont les fourmis

Plessix, Le Gall, Là où vont les fourmis, Casterman, 2016

Où vont les fourmis ? C’est la question que se pose Saïd à longueur de journée. Désespérée par sa quête vaine et surtout non lucrative sa mère missionne Hadj, le grand- père de Saïd, pour prendre ce petit rêveur en main. Ni une, ni deux Saïd devient gardien de chèvres.
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Terrorisée par la nuit noire, ce jeune berger désemparé trouve  réconfort auprès de Zakia une chèvre « savante » dotée de la parole. Une chèvre qui sera vite convoitée par un vilain marchant. Il faut prendre la fuite pour préserver cette prodigieuse chèvre des mains de cet ignoble et cruel personnage. Le chemin des fourmis devient le chemin salvateur à suivre. Elles permettront à Zakia et Said de déjouer les djinns et les sortilèges pour finalement trouver un sens à leur vie. Au bout du voyage se trouve la vérité. L’amour triomphera.

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Cette BD a a priori tout d’un conte enfantin : un graphisme tout en rondeur, des couleurs toute en douceur, des méchants, des gentils, des animaux qui parlent, des légendes, des sortilèges, des enchantements désenchantés… Bref les ingrédients parfaits pour faire rêver nos petits. Mais pas d’inquiétudes, il y a de quoi régaler les plus grands. Les auteurs font voyager les lecteurs à travers des paysages aux décors orientaux dignes des milles et une nuits, dépaysants à souhaits, les dialogues entre la chèvre savante et Saïd plein d’humour sont savoureux et enfin la quête initiatique de nos personnages fera certainement échos chez plus d’un d’entre nous… Un très beau moment de lecture pour tous donc.

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Et s’il fallait mettre une note : ★★★★★

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                                                                                   Chez Mo’

La pyramide des besoins humains

Caroline Solé, La pyramide des besoins humains, L’école des Loisirs, 2015

Christopher est un collégien en fuite. Dans le train qu’il le mène au cœur de Londres, il se réjouit d’avoir échappé au contrôle de maths ainsi qu’aux « gnons » d’un père alcoolique.

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Alors qu’il cherche refuge dans une boutique d’informatique, il tombe nez à nez avec une affiche publicitaire qu’il l’intrigue, l’interpelle, l’appelle même : « on te veut TOI, TOI AUSSI, JOUE TA VIE ». La publicité fait mouche. « Ça me tape dans l’œil tout de suite. Comme si je pouvais échanger mon destin, troquer mon duvet crasseux contre un manteau de fourrure, et peut-être aussi une famille. » Il s’agit en fait d’un appel à candidature pour un jeu de télé-réalité : la pyramide des besoins, inspiré de la théorie de Maslow qui classe les besoins humains selon cinq catégories. Ce jeu met alors à disposition des candidats « un espace en ligne pour publier des messages, des photos et des vidéos afin de se constituer un réseau. Ils doivent prouver chaque dimanche, que leurs besoins du niveau en cours ont bien été satisfaits en rédigeant un texte de 500 caractères maximum. Le nombre de votes obtenus sur ce texte permet à un candidat d’accéder ou non au niveau supérieur ».

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La théorie de Maslow est assez simple à saisir : un être humain doit satisfaire ses besoins d’un niveau inférieur avant de pouvoir passer au suivant. Explication par l’exemple : « Un affamé aurait besoin de manger avant de pouvoir travailler, un sinistré de réparer son toit avant de fonder une famille, un artiste qu’on reconnaisse son talent avant de pouvoir se réaliser spirituellement, ect ». Un jeu a priori perdu d’avance pour Christopher qui habite sur un morceaux de carton humide et se nourrit d’un hot dog par jour. Que nenni. Son profil détonne. Les milliers de clics le propulsent  loin devant les autres candidatures. Les médias s’emballent. Les fans s’exaltent. ChristopherScoot54 est la célébrité que tous cherchent à des-anonymiser.

La pyramide des besoins humains c’est le choc entre deux antipodes : les paillettes, la célébrité, le faste face à la crasse, la transparence, la misère. Une diatribe violente et percutante d’une société voyeuriste et attentiste. Un voyeurisme accentué et assumé par la télé-réalité et les réseaux sociaux canaux qui véhiculent des images et des vidéos toujours plus violentes les unes que les autres répondant à une audience avide et friande de spectacles morbides.

Bref l’auteure mène ici une réflexion très intéressante sur notre société du buzz. Amis prof-doc à vos commandes, je vous conseille cette acquisition (dans la sélection de #defibabelio ado cette année) !

Et s’il fallait mettre une note : ☆☆

 

Le loup en slip se les gèle méchamment

Lupano, Itoïz, Cauuet, Le loup en slip se les gèle méchamment, Dargaud, 2017

Winter is coming au grand désespoir du loup qui râle à qui veut l’entendre qui se les gèle! Mais il se gèle quoi ? La forêt entière est en émoi. Il faut vite découvrir ce qui met le loup dans cet état. Les habitants craignent que sa mauvaise humeur le rende à nouveau méchant et violent.

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Il a peut-être froid aux pieds ? Vite on lui coud des chaussettes ! Un petit lapin est chargé de les lui apporter. Mais plus de nouvelles du lapin et le loup grogne encore. Il a peut-être froid au oreilles ? Vite on lui coud un bonnet. Le petit marcassin chargé de le lui apporter, disparaît à son tour ! Panique à  bord. La brigade anti-loup est contacté.

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Surprise. Contrairement aux apparences, le loup aurait bon fond. Désabusé par ce monde où les riches s’enrichissent et les pauvres se les gèlent dehors dans le froid glacial, il a décidé d’agir et de venir en aide aux plus démunis. Gentil, altruiste et courageux , il prend à contre-pied l’archétype du loup des contes de notre enfance. Dans la lignée des vieux fourneaux, les auteurs déjouent et jouent avec les allégories pour nous livrer un conte social plein d’espoir en cette période de Noël. Les couleurs pastelles, le dessins tout en rondeur et les mots tout en candeur place cette BD en littérature jeunesse. Mais  cette dernière cache plusieurs niveaux lectures. C’est pourquoi, j’incite les plus grands à la découvrir si ce n’est déjà fait. Ils y trouveront incontestablement leur compte !

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                                                                                    Chez Moka

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L’oiseau de Colette

Isabelle Arsenault, L’oiseau de Colette, La Pastèque, 2017

Pauvre Colette, elle vient de déménager, loin de ses amis et sa maman lui refuse un animal pour lui tenir compagnie. Cette dernière incite plutôt sa fille à aller à la découverte de son nouveau quartier.

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Résignée et frustrée Colette met le nez dehors. Très vite elle rencontre Tom et Albert, deux petits curieux, intrigués : « Qu’est ce que tu fais ? » Ni une ni deux, Colette s’invente une quête : « je cherche mon animal de compagnie ». Un chat ? Un chien ? Non, une perruche bleue. Au gré des rencontres le mensonge s’intensifie. Un vrai récit fantastique. C’est grâce à sa perruche imaginaire que Colette se liera bientôt d’amitié avec  les enfants de son nouveau quartier. L’intégration est réussie.

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Colette est un album rafraîchissant qui célèbre l’enfance dans toute sa splendeur. L’enfant, ce petit être débordant d’imagination qui est capable de créer des liens amicaux en un temps record, en faisant fi des différences.

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Les aquarelles de cette BD sont très belles, douces et délicates. Elles traduisent parfaitement bien l’atmosphère tendre et enfantin de Colette. Puis confirment le style si particulier et désormais identifiable de l’auteure. Une lecture parfaite pour ces vacances de Noël.

Découvrez le travail de l’auteur ici.

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            Chez Mo’

Mots rumeurs, mots cutter

Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini, Mots rumeurs, mots cutter, Gulf Stream, 2014.

Les parents de Solveig s’absentent un samedi soir. C’est l’occasion parfaite pour faire une soirée pyjama entre filles. Lorsque le chat n’est pas là, les souris dansent. Tout est permis. Tout est défis. On se questionne, on se bouscule, on joue à action/ vérité. Léa tombe sur action : « tu nous fais un strip tease ? » Dans l’euphorie de la soirée, elle s’exécute. Mais un appareil vicieux immortalise le moment. Une photo intime, des réseaux sociaux… Je vous laisse imaginer le cocktail diabolique.

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La vie de Léa devient un véritable enfer : insultes, intimidations, humiliation. Elle est harcelée de toute part. Seule. Elle doit faire face aux mots rumeurs, aux mots cutter.

A la veille de la journée nationale de la lutte contre l’harcèlement scolaire, cette BD tombe à point nommé.  C’est bien de cela qu’il s’agit. Une photo de Léa dénudée est publiée et partagée sur les réseaux sociaux. L’ampleur de la diffusion est grande. Les conséquences sont on ne peut plus néfastes. La réputation de Léa est ruinée. Sa vie sociale est réduite à néant. Son moral est au plus bas.

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L’harcèlement scolaire a toujours existé dans les cours de récréation mais avec les réseaux sociaux, il dépasse les murs de l’école. Il prend une autre dimension. Les victimes sont martyrisées non-stop. Affolées parfois honteuses ces dernières s’isolent dans un mutisme inquiétant. La spirale devient infernale. La BD en témoigne.

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J’ai lu cette BD avec mes yeux de prof-doc et une fois de plus j’ai trouvé les mots et les illustrations de ce duo de choc d’auteures incroyablement bien choisi. D’une efficacité exemplaire. Un outil pédagogique à part entière. Tout y est : sensibilisation à l’identité numérique, lutte contre l’harcèlement, éducation à la citoyenneté… Tout cela romancé, illustré , coloré. Bref Mots rumeurs, mots cutter est un petit bijou de BD pour TOUS LES CDI !

C’est ainsi que s’achève mes lectures de cette magnifique série de BD. Je la conseille à qui veut se plonger dans la vie trépidante de nos adolescents.

Les autres tomes sont ici : Rouge Tagada, Bulles & blues et Invisible.

Et s’il fallait mettre une note : ★★★★☆

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Les carnets de Cerise

Joris Chamblain & Aurélie Neyret, Les carnets de Cerise. Tome 1 : le zoo pétrifié, Editions Soleil, 2012.

Cerise a dix ans, elle est en CM2. Son truc c’est de raconter des histoires. Quand elle sera grande, elle sera écrivaine. comme sa voisine, Annabelle Desjardins, romancière renommée.

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Gros succès au CDI, il a fallu que je me mette à la page en découvrant à mon tour les carnets de Cerise. Je n’ai pas été déçue. J’ai lu le tome 1 et 2 d’une traite. Une vraie cure de jouvence. Rafraîchissant. Une lecture parfaite pour ces vacances !

Le tome 1, en quelques mots.

Le rêve de Cerise est donc de devenir une grande romancière. Pour ce faire, elle observe les gens pour percer leur secret et le dévoiler au grand jour. Plus la personne est mystérieuse mieux c’est évidemment. C’est en construisant leur cabane dans un arbre avec ses copines, Line et Erica, qu’elles font la rencontre d’un vieillard étrange. Accompagné d’un perroquet bavard, il traverse toujours la forêt à la même heure chargé de gros pots de peinture. Intriguée, Cerise décide de mener l’enquête.

 

En le suivant, les filles découvrent un mur majestueux qui sépare la forêt en deux. Contrairement au Trône de fer ce qui se trouve derrière est juste ma-gni-fi-que. On découvre les vestiges d’un ancien zoo où le vieillard travaillait en tant que peintre animalier. Attristé par la fermeture de zoo en faillite, il a continué à faire vivre cet endroit à travers des fresques animalières extraordinaires, d’une beauté à couper le souffle. Séduite, Cerise décide de réunir voisins, amis et famille pour donner une seconde vie à ce zoo. Succès assuré.

Cerise est un personnage plein de vie. Curieuse, elle déborde d’imaginations (que ce soit pour raconter des histoires ou pour mentir à sa mère). Elle représente à elle seule, le monde onirique et joyeux de l’enfance. Cet album est un vrai remède contre la morosité. Le graphisme est absolument fabuleux. La maîtrise du détail est épatante. L’illustratrice est talentueuse. Les fresques de Michel, le peintre animalier sont juste WAHOU ! Moi qui n’ai jamais aimé les zoo, j’ai été ici emportée.

Le blog de l’illustratrice c’est par ici !

Et s’il fallait mettre une note : ★★★★☆

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                              Chez Moka

 

 

Invisible

Charlotte Bousquet & Stéphanie Rubini, Invisible, Gulf Stream éditeur, 2015.

Marie est sympa mais personne ne la voit. Au collège, on peine à se souvenir de son prénom. A la maison, on l’entend à peine. Issue d’une famille recomposée, elle ne trouve sa place que dans le cocoon qu’elle s’est créée dans sa chambre. Entourée de ses hobbies, (lectures, bijoux DIY, …) c’est là qu’elle respire et pose ses maux dans son journal intime.

On retrouve, pour le dernier tome de cette série graphique autour de l’adolescence,  nos élèves du collège Marie Curie Layla, Léa, Chloé, Soan… Dans ce tome la lumière est mise sur Marie, une élève aux multiples talents (couture, créations de bijoux…) mais qui pourtant demeure dans l’ombre de ses camarades de classe, de sa sœur, de son frère… Marie est invisible aux yeux de tous. Elle évite d’ailleurs son propre regard. Le miroir lui renvoie en pleine face tout son mal-être : trop grosse, pas assez jolie, mal fringuée…

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« Tu ferais mieux de renoncer avant de te prendre la réalité en pleine face, ma grosse. Même pour tes parents, t’es invisible. Nulle. Néant. Nada. Alors pour Soan… »

Une lueur d’espoir, un revival surgit lorsque Soan s’intéresse à elle. Elle tombe sous son charme et fera tout pour lui plaire. Elle se reprend en main : sport, coiffeur, relooking… Mais Soan veut « sortir » avec Layla. Terrible chute. Les démons resurgissent de plus belle. Marie va au plus mal.

La quête d’identité et le manque de confiance en soi sont des thématiques qui accompagnent souvent l’adolescence et que l’on retrouve déjà dans Rouge Tagada. Le manque de confiance est abordée ici avec une acuité plus forte encore. Il engendre une vraie souffrance morale et physique. Marie s’isole, se réfugie dans la nourriture jusqu’à se dégoutter elle-même et causer sa propre perte.

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La discrétion de ces ados en difficultés  ne permet justement pas de repérer tout de suite leur souffrance. Les adolescents sont des boules d’émotions. Certains déboulent à tout va d’autres se replient dans leurs coins. Un passage. Une transition. Une période à passer. Sachant cela les adultes ont tendance à minimiser les douleurs adolescentes… ça passera. Or il y a des douleurs qu’il conviendrait de ne pas négliger.

Les auteurs traitent encore avec brio cette période complexe et parfois grave qu’est l’adolescence. Le graphisme un peu girly et les couleurs vives viennent nuancer la gravité de la situation en montrant que l’adolescence peut aussi rimer avec joie et légèreté.

Comme je suis une personne ordonnée et organisée. Je vous ai parlé du tome 1, 3 et 4 (ici) de cette série. Mais je compte bien me rattraper. J’ai repéré et mis de coté le tome 2 au CDI. On n’en a donc pas finit avec les collégiens de Marie Curie. Je vous en reparle très vite !

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                              Chez Mo’

L’enfant cachée

Marc Lizano, Loïc Dauvillier, Greg Salsedo, L’enfant cachée, Le Lombard, 2013

Un soir d’insomnie, Dounia se remémore son enfance. Sa petite fille Elsa l’entend et la rejoint. Elsa sent sa grand-mère tourmenter. Elle la questionne. Dounia n’a pas le choix. Elle doit raconter, se raconter. La grand-mère transmet alors à sa petite fille.

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Attirée par la couverture et le titre, je suis restée bloquée, sans le vouloir dans l’horreur des années 40 dans lesquelles je m’étais plongée la semaine dernière avec Irena.

Un jour en rentrant de l’école, les parents de Dounia lui annonce qu’elle devra porter une étoile jaune. Pour la préserver son père lui raconte une histoire à dormir debout d’élection de famille de shérif. Mais le lendemain, rien n’est plus pareil à l’école. On ne lui parle plus, on l’exclut, on l’ignore. C’est par une camarade de classe qu’elle apprend la vraie raison de cette étoile et de ce soudain changement de comportement envers elle : elle est juive. Puis les choses s’accélèrent. Le monde de Dounia s’écroule littéralement. Les forces de l’ordre viennent chercher ses parents. Dounia est épargnée, récupérée par les voisins. Elle devient l’enfant à cacher.

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Nous assistons alors à une touchante transmission de mémoire de la Shoah, d’une grand-mère à sa petite fille. Pourquoi devrons-nous, sans cesse, tout cacher aux enfants ? Curieux pour la plupart, ils se questionnent. Dounia décide de raconter, d’expliquer à Elsa, les choses telles qu’elles se sont passées avec simplicité et sans rentrer évidemment dans les détails les plus atroces. L’enfant caché montre merveilleusement bien ici comment les adultes peuvent aborder avec les enfants des sujets complexes intellectuellement et durs émotionnellement. Outre l’intérêt évident du témoignage historique, la BD témoigne également avec force et tendresse de l’extraordinaire relation grand-mère, petite-fille.

Image associée

L’enfant caché est sans conteste une belle BD au sens noble du terme. Le graphisme tout en rondeur, ici encore, apporte délicatesse et douceur à un récit de  vie éprouvant : le quotidien d’un enfant juif en 1941. A mettre entre les mains de nos petits collégiens !

Et s’il fallait mettre une note : ★★★★☆

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                                                                                          Chez Stephie

Trop tôt

Witek Jo, Trop tôt, Talents Hauts, 2015.

Pia et Marthe sont en vacances au soleil. Il fait chaud.  La chaleur s’empare de leur corps en pleine ébullition. A 15 ans, elles ne rêvent d’une seule chose : sortir avec un garçon. Mais les vacances passent et elle désespèrent jusqu’au fameux soir… La veille du départ Pia rencontre Nathan. Coup de foudre. L’émotion prend le pas sur la raison. Les corps prennent possession des pensées. Pia vit sa première nuit d’amour intensément, passionnément, à la folie.

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« J’étais ivre du moment présent. Je sentais le désir battre dans mon ventre, dans ma poitrine, dans mes fesses, dans ma gorge, partout. Un rythme sec, rapide, haletant. J’étais ce rythme. Rien d’autre. Pas de pensées, juste mon corps qui dansait dans la nuit avec un garçon […] Je n’avais conscience ni du passé ni du futur. […] Je n’ai pas réfléchi. »

Le retour à la réalité sera rude. Pia tombe enceinte. Trop tôt, trop vite.

Trop tôt est un très beau roman sur l’amour, les émotions, la sexualité et ses conséquences. Percutant. La narratrice âgée de 15 ans seulement fait preuve d’une maturité exemplaire. Consciente de son insouciance, elle assume et agit en conséquence. On la suit dans sa réflexion, le cheminement vers son choix.  Le roman tire  toute sa force dans sa narration. Les phrases souvent courtes percutent d’abord pour raisonner ensuite comme une onde de choc.

« Tomber enceinte. On dit aussi tomber amoureuse. Pourquoi la langue française fait-elle toujours tomber les êtres humains dès qu’il s’agit de traduire leurs émotions fortes ? »

En somme, c’est beau, c’est fort, c’est touchant. Je vous le conseille vivement. Et accessoirement, ce roman serait absolument parfait pour accompagner une éducation à la sexualité.

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