Habibi

Craig Thompson, Habibi, Casterman, 2011.

Toute petite, Dodola est vendue à un scribe. Sa famille a besoin d’argent. Son mari la brusque d’abord puis se rend compte que celle-ci n’est encore qu’une enfant. Il choisit alors de la traiter comme telle et de l’éduquer. Il lui transmet son savoir : lecture, écriture, contes et légendes. Mais un soir ils sont attaqués par des voleurs qui tuent le mari devant les yeux de la jeune fille et kidnappent cette dernière. Elle réussit cependant à leur échapper et à trouver refuge sur l’épave d’un bateau.

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Dans sa fuite, elle a embarqué, pour le sauver, Zam  trois ans. Durant neuf ans, ils mettent en péril leur vie, pour aller trouver à boire et à manger, au-delà de cette épave apprivoisée. Dodola transmet à Zam tout ce qu’elle a appris. Elle lui raconte chaque soir une histoire mêlant contes orientaux et textes de la genèse du Coran. L’amour qu’ils ont l’un envers l’autre grandit en même temps qu’eux. Ils sont inséparables. Jusqu’au jour où Dodola est à nouveau kidnappée pour devenir la favorite dans le harem d’un monstrueux sultan. La séparation est une véritable déchirure. Une douleur ineffable.

 

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Nous vivons avec eux les années qui les séparent avec beaucoup de tristesse. L’un comme l’autre vont subir des drames d’une incroyable violence auxquels ils survivront dans le seul but de se retrouver un jour. Les retrouvailles approchent et ont lieu dans un contexte tragique. C’est au tour de Zam de sauver Dodola de la sentence irrévocable de l’immonde sultan. D’ailleurs, petite parenthèse, je n’ai jamais compris pourquoi les harems font tant rêver. Ok, je comprends le fantasme du lieu où l’on peut disposer à sa guise de beautés féminines peu vêtues. Mais ce lieu n’a absolument rien d’onirique. Les seuls hommes qui y ont accès sont les eunuques à qui ont arraché de force leur virilité. Sinon le Harem est interdit aux hommes (dérivé du mot hâram autrement dit illicite, pêché) seul le sultan règne et soumet les femmes selon son humeur.

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Ces années de séparation laisseront des traces indélébiles qui viendront entacher leur union nouvelle.

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Habibi est une BD d’une grande érudition où  se mêlent savoirs théologique et scientifique dans une atmosphère orientale envoûtante. Elle nourrit notre esprit et régale nos yeux. En effet cette BD est une véritable oeuvre d’art. Les calligraphies arabes sont époustouflantes  et le trait des dessins est d’une beauté rare. Tout simplement magnifique. J’ai dévoré ce pavé de 700 pages en un rien de temps. Habibi nous emballe, nous envoûte de la première jusqu’à la dernière page pour nous laisser à bout de souffle.

Et s’il fallait mettre une note : 

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 Chez Stephanie

30 réflexions au sujet de « Habibi »

  1. Superbe cet album. Dense aussi mais je me rappelle avoir engouffré aussi ce pavé à une vitesse vertigineuse… tout en prenant le temps de me perdre dans les illustrations. Mmmh ! 🙂

  2. Cette BD est superbe! J’avais tourné autour pendant un moment n’osant pas la lire à cause de sa taille et luis je l’ai moi aussi dévorée! Et les dessins : quelle beauté!

  3. Ce n’est pas le genre de lecture dont j’ai envie en ce moment mais je pense que c’est une BD qui pourrait m’intéresser, comme beaucoup de ceux de cette collection.

  4. Ben ça alors! Heureusement que tu es là par-ce que les couvertures et la maquette de cette affreuse collection Casterman ne me donnent jamais envie d’ouvrir. Du coup j’étais resté bloqué sur l’extérieur et je découvre sur ton billet de magnifiques planches qui me donnent vraiment envie de le lire! J’ajoute sur ma PAL…

  5. Je ne pense pas que ce soit pour moi, je suis devenue allergique aux religions et c’est la thématique qui me freine du coup. Mais vu l’enthousiasme général… à voir.

  6. J’avais adoré le dessin, l’érudition… mais quel malaise, quel malaise à la lecture de cet album. Le harem.. arghhh… Du coup, j’en garde un souvenir assez bizarre.

  7. Je l’ai à la maison, mais pas encore lu… J’ai peur de l’épaisseur, mais ton billet me fait regretter d’avoir repoussé sans cesse cette lecture !

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