Entre chiens et loups

Ian Edginton & John Aggs, Entre chiens et loups, Milan, 2016.

Perséphone et Callum se connaissent depuis l’enfance. Ils sont inséparables. Mais voilà qu’un jour la mère de Callum qui travaillait jusqu’alors comme femme de ménage pour la famille de Perséphone est gentiement et injustement remerciée. Les inséparables sont désormais contraints de se voir secrètement. Ils ont grandit. Leur amitié s’est transformée en amour. Mais l’amour est impossible. Perséphone est une Prima, son père est un ministre influent à la peau noire qui comme ses semblables, contrôlent le pays. Callum, lui, est blanc. Il appartient aux Nihils : les « riens », « les néants », une partie de la population opprimée et discriminée. Vous l’aurez deviné… Perséphone et Callum feront fi de cette haine raciale pour s’aimer.

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Les choses se compliquent plus encore lorsque Callum s’engage auprès de son frère dans un groupe militant considéré comme terroriste afin de mettre fin à la domination de la « race noire » sur la « race blanche ». Cet engagement crée incontestablement une distance entre les amoureux. Mais l’amour est plus fort. Il se retrouve dans des conditions dramatiques pour un dénouement des plus tragiques. Les rouages du racisme.

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Cette BD est une adaptation du best seller éponyme de Malorie Blackman. Le message de l’auteure est simple et aisé à saisir : et si la ségrégation avait été inversée ? A travers la démonstration de ce monde binaire des Noirs contre les Blancs (inversé ici mais qui a néanmoins existé… qui existe toujours ?) l’auteure met l’accent sur l’absurdité du racisme et ses conséquences néfastes. Ça a été eux, ça aurait pu être nous ou vous… les noirs/les blancs, les croyants/ les non-croyants/ les mauvais croyants, les femmes/les hommes…

 

 

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A travers les âges, il y a toujours eu un groupe pour asseoir sa domination sur un autre en prenant comme prétexte un trait socio-culturel, ethnique, religieux… qui par sa différence doit créer naturellement la prédominance. Or il n’y a rien de naturel ici. L’auteure le démontre : la soit-disant Nature aurait pu en décider autrement. Ça ne tient à rien. Le procédé peut sembler facile et simplet du genre récréation d’école : « t’es pas gentil, t’aimerai bien hein que l’on te fasse la même chose à toi ? » Mais il fonctionne. On s’accroche à  ces ados. On se questionne. On se raisonne.

En effet, le message est transmis simplement tant par le scénario que pas les illustrations (traits fins, très épurés et en noir et blanc)  mais il peut cependant choquer, heurter un imaginaire collectif établi. Cette BD jeunesse a été un petit coup de cœur pour moi. Très bien ficelée. Je vous la conseille vivement et incite tous mes collègues CDIistes à se la procurer !

Et s’il fallait mettre une note : 

 

bd_de_la_semaine_pti_black                                                                                                chez Mo’

 

 

14 réflexions au sujet de « Entre chiens et loups »

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