Mauvais genre

Chloé Cruchaudet, Mauvais genre, Delcourt, 2013

Un soir au bal, Louise et Paul se rencontrent. Ils tombent amoureux. Ils se marient. Mais aussitôt Paul est appelé à honorer son devoir de citoyen. A l’issue de son service militaire, il se languit de retrouver la femme de sa vie. Mais Guerre éclate et vole la vedette à Amour. Paul devient caporal… et très vite, il a mal. L’horreur des tranchées est insupportable. Pour y échapper, il se mutile puis déserte. Il faut se cacher pour ne pas se faire arrêter. Paul reste isolé dans une chambre d’hôtel, pour ne pas déprimer il doit mettre fin à sa clandestinité. Il devient alors Suzanne par commodité d’abord, puis de plus en plus, au cours de ces dix années, par affinité. Mauvais genre est l’histoire vraie et tragique du destin hors norme d’un couple qu’il était tout autant…

La BD, même romancée, met bien l’accent sur l’atrocité de la guerre et le traumatisme qu’elle a engendré.

« C’est dégueulasse, la mort, ceux qui disent le contraire… sont des foutus menteurs ».

1Aussi via les personnages secondaires, on arrive bien à saisir les représentations mentales de l’Opinion et constater ainsi les effets du conditionnement psychologique. Il faut coûte que coûte servir la mère Patrie : un déserteur est forcément un traite, un réformé est forcément un lâche… Même la guerre une fois terminée.

2Mauvais genre lève également le voile sur les dessous de ce Paris des années folles, une période qui est à mon sens significative d’une population frustrée, trop longtemps résignée et qui  laisse libérée enfin ses fantasmes cachés. L’auteure nous décrit, ici, de manière inédite le Bois de Boulogne, sans faire l’étalage de la prostitution, elle parle de ce lieu comme étant un quasi monde parallèle où les identités sont échangées et la sexualité libérée. En somme, un lieu ludique plus que glauque.

4Au fin fond de ce bois se confondent les genres, se libèrent les mœurs mais se joue également la déchéance d’un couple complexe qui se veut libéré mais qui est en fait déchiré par la violence d’un mari jaloux et alcoolique.

Les histoires d’amour finissent mal en général… et en particulier ici.

3Mauvais genre est une très belle BD tant par sa forme que par son fond. Le jeux de couleur est très intéressant esthétiquement et symboliquement. Les touches de rouges sur un fond en noir et blanc permettent à l’auteure de mettre en lumière des éléments essentiels. Le fond quant à lui met en lumière une période noire…

Et s’il fallait mettre une note :

topbd_20131Moka, Marion, Noukette, Jérôme, Mo, Lunch, et Yvan l’ont lu aussi !

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12 réflexions au sujet de « Mauvais genre »

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