Frida Kahlo

Gerry Souter, Frida Kahlo, Larousse, 2013

« Frida Kahlo aurait dû mourir trente ans plus tôt dans un horrible accident d’autobus, mais son corps transpercé, anéanti, résista assez longtemps pour fonder une légende et une collection d’œuvres qui refit surface trente ans après sa mort. »

frida

Magdalena Carmen Frieda Kahlo y Calderón est née le 6 juillet 1907 à Coyoacan au Mexique. Sa mère, anciennement Matilde Calderón, dévote catholique et métisse d’ascendance indienne et européenne, possède une vision profondément conservatrice et religieuse de la place de la femme dans le monde. De l’autre côté son père, Guillermo Kahlo, est un photographe célèbre d’un certain renom qui l’encourage à penser par elle-même. C’est ce que Frida s’engage à faire tout au long de sa vie : penser et vivre librement. Pour ce faire son père l’inscrit à la Escuela Nacional Preparatoria de San Ildefonso où elle fait partie des trente-cinq jeunes filles admises sur un total de deux mille élèves et devient, déjà dans sa classe, un personnage entourée de garçons qui allaient devenir d’éminents intellectuels ou de futurs membres du gouvernement du Mexique. C’est là qu’elle développe progressivement de profondes affinités pour le socialisme.

Mes Grands-Parents, mes parents et moi, 1936

Mes Grands-Parents, mes parents et moi, 1936

En 1923, Alejandro Gomez Arias et Frida deviennent amants. Ils passent des heures à la bibliothèque ibéro-américaine, à ingurgiter Gogol, Tolstoï, Spengler, Hegel, Kant et autres grands esprit européens. Elle demeure toute sa vie une communiste engagée. Elle va jusqu’à modifier sa date de naissance 1907 par 1910, date du début de la Révolution mexicaine, en gage d’affirmation de son engagement envers les idéaux révolutionnaires. Frida est une élève brillante, elle ambitionne de devenir médecin mais son corps ne suit pas son vif esprit.

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Portrait d’Alejandro Gomez Arias, 1928

A l’âge de six ans, elle est atteinte d’une poliomyélite qui atrophie sa jambe droite, la laissant avec une jambe plus courte. On la traite alors de pata de palo ou jambe de bois. Dès son plus jeune âge, Frida connaît la douleur. Mais cette première maladie n’est rien à côté de ce qu’il attend quelques années plus tard : un terrible accident de circulation. Un tram percute l’autobus où elle se trouve. La rambarde d’acier transperce son bassin et émerge de son vagin. Elle ne s’en remettra jamais. A la souffrance physique s’ajoute la souffrance morale. Frida est une amoureuse passionnée mais la plupart de ces relations sont chaotiques. La plus illustre, la plus belle mais aussi la plus douloureuse, d’entre-elle est celle que tout le monde connait : sa relation houleuse avec Diego Rivera. Ce coureur de jupon finira par l’achever. Elle a eu pendant son mariage avec ce dernier de nombreux amants et maîtresses également ; parmi eux Léon Trotstki  et Nick Muray.

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L’accident, 1926

Cette souffrance Frida Kahlo la met au service de son art. C’est son père qui lui fournit sa première boîte d’aquarelles et de pinceaux lorsqu’elle est étudiante. Elle commence alors à reproduire des gravures et des dessins connus d’autres artistes. Après l’accident la peinture devient son unique consolation. Elle commence à peindre des portraits et autoportraits. Sa première reconnaissance artistique se fait à travers le regard de Rivera alors célèbre peintre muraliste. En 1938, elle expose à New York. Elle fait immédiatement sensation. Sa carrière est en plein essor. C’est la consécration lorsque André Breton lui propose, à son tour, d’exposer à Paris. Lorsque Breton voit Ce que l’Eau m’a donné, et Quatre Habitants de Mexico, la place de Frida, au sein des surréalistes, est assurée pour lui :

« Cet art contient même cette goutte de cruauté et d’humour, seule capable de réunir les pouvoirs rares de ce philtre qui est le secret du Mexique »

Frida jouit alors d’une très grande proximité avec les surréalistes, étant admise parmi eux. Mais elle a finalement peu de sympathie pour eux : « Ils s’assoient des heures dans les cafés à réchauffer leurs précieux derrières, et parlent sans arrêt de culture d’art de révolution et ainsi de suite et patin et couffin, ils se prennent pour les dieux du monde, ils rêvent les idioties les plus fantastiques et empoisonnent l’air de théories et de théories qui ne réalisent jamais ». Frida demeura un esprit libre et indépendante toute sa vie.

Ce que l'Eau m'a donné, 1938

Ce que l’Eau m’a donné, 1938

Le personnage de Frida Kahlo m’a toujours fasciné. J’admire sa force, son courage, son intelligence et, cela étonnera peut-être certains, sa beauté. Ses œuvres m’intriguent, m’interpellent. La question éternelle à savoir si l’on apprécie les œuvres pour ce qu’elles sont ou pour leurs signatures ne se posent pas ici. En effet, ses tableaux « constituaient un journal intime visuel, une manifestation de son dialogue intérieur qui était, bien trop souvent, un cri de douleur ». Artiste et Art se confondent ici.

Autoportrait dédié à Léon Trostki, 1937

Autoportrait dédié à Léon Trostki, 1937

Ce Larousse est un beau livre fort bien fait pour qui veut cerner ce personnage tumultueux. Il compile ses chefs d’œuvres. C’est un vrai plaisir de pouvoir les avoir sous la main et les contempler à sa guise.  Mais comme dans tout Larousse bien fait, l’auteur se « contente » (la tâche n’est pas aisée ne vous méprenez pas) de retracer la vie de l’artiste de manière plus ou moins objective. Son récit est dénué de toutes émotions contrairement peut être au récit de Gérard de Cortanze dont nous a parlé récemment Moka. Une future lecture certainement. Je vais d’abord me plonger dans les écrits de Frida Kahlo.

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Ce beau livre est un cadeau de l’adorable Neph (merci ! ) avec qui nous avons la chance d’aller, le week-end prochain, voir l’exposition dédiée à Frida Kahlo et Diego Rivera, à l’Orangerie. N’ayez crainte vous en entendrez parler par ici !

Et s’il fallait mettre une note :

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8 réflexions au sujet de « Frida Kahlo »

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