Rentrée littéraire 2013

Sam Byers, Idiopathie, Seuil, 2013

« Idiopathie : maladie ou état qui apparaît spontanément ou dont la cause est inconnue ». Du latin moderne idiopathia, du grec idiopatheia, formé de idios (particulier, propre à) et patheia (souffrance), le terme trouve son origine à la fin du XVIIe siècle. Cette définition donne le ton, plus précisément la trame de fond.

??????????????????????En Angleterre, les vaches sont en souffrance : « dans tout le pays le bétail sombrait dans une sorte de transe. Les agriculteurs trouvaient des bêtes isolées du troupeau en lisière des champs fixant le vide sans ciller, mourant de faim et de déshydratation. Les experts n’y comprenaient rien. Le terme de transe idiopathique bovine, loin d’être un diagnostic, avait été inventé comme un aveu d’ignorance ». Cette épidémie sert en fait de prétexte à l’auteur. Elle lui permet de dresser le portrait d’une génération victime de ce qu’il a l’air de considérer comme le vague à l’âme de l’époque : le narcissisme. Ce n’est pourtant pas ce terme qui me vient à l’esprit à la découverte des personnages principaux. A mon sens, égocentrisme conviendrait mieux.

Katherine, Daniel et Nathan sont trois trentenaires en galère. Tous peinent à se mouvoir, on pourrait même dire à se voir en société. Incompréhension et solitude profonde génèrent souffrance et mal-être. Aucun d’entre eux  ne sauraient d’ailleurs expliquer les causes de ce malaise qui engendrent des comportements bien irrationnels. Katherine n’aime rien ni personne. Cynique à souhait, elle prend un malin plaisir à piétiner l’Autre pour le rendre aussi malheureux qu’elle. Sa séparation avec Daniel – qu’elle n’arrive pas à oublier – n’arrange rien. Lui en revanche, après cette histoire d’amour destructrice, semble avoir enfin trouver le bonheur avec Angelica. Mais lorsqu’il interroge sa propre vie tout lui semble si fragile et factice. Nathan, leur ami commun est de loin le plus instable. Seul et incompris, il ira jusqu’à se faire du mal pour crier sa souffrance morale. Le trio se retrouve après un an et demi le temps d’une soirée, le temps de laisser exploser leurs états d’âmes occultés. Chacun semble attendre d’être compris sans faire l’effort de comprendre.

Idiopathie renvoie le reflet d’une société nombriliste que les médias sociaux et la télé réalité ne font que conforter. Ce roman est à cet égard intéressant car l’auteur montre du doigt cette génération d’enfants gâtés qui « psychologisent » à outrance leur petit monde sans se soucier de ce qui les entoure. Cependant, il faut le dire la forme ne rend pas service au fond. Des longueurs et des répétitions rendent la lecture éprouvante parfois. Une fois l’intérêt saisi nous avons l’impression de tourner en rond, d’être pris au piège dans un labyrinthe psychologique sans issue.

Faites vous une idée en découvrant ici les premières pages.

Et s’il fallait mettre une note :

 

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4 réflexions au sujet de « Rentrée littéraire 2013 »

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