Vénus noire

Abdellatif Kechiche, Renaud Pennelle, Vénus noire, Emmanuel Proust, 2010

Saartjie Baartman vit au Cap (aujourd’hui province d’Afrique du Sud), elle travaille pour la famille Hendrick. En 1810, Caezar Hendrick la convainc de l’accompagner à Londres pour faire fortune dans « l’industrie du spectacle ». Saartjie est une artiste qui rêve de vivre de sa passion. Elle accepte alors de le suivre, sans savoir ce qu’il l’attend vraiment en Europe…

venus noireArrivée à Londres, Saartjie devient la « Vénus Hottentote », bête de cirque exhibée au regard de la foule dans les foires et salons londoniens en raison d’une anatomie intime particulière et étrangère aux Européens. Alors, on se déplace pour voir et palper cet objet de curiosité. Elle est baptisée en 1811 à Manchester, elle devient Sarah Baartman (traduit de Saartjie, petite Sarah). En 1814, elle arrive à Paris. Son traitement ne s’arrange pas, loin de là. Elle est de nouveau exhibée, encagée comme une bête sauvage. Très vite, elle suscite l’intérêt des scientifiques qui pour « l’intérêt général » et « au service de la Connaissance » souhaitent l’examiner tel un singe pour en relever les caractéristiques physiques spécifiques. Les conditions de vie de Sarah vont aller de mal en pis. Contrainte à la prostitution, elle sera victime de graves infections auxquels elle succombera, seule dans les rues parisiennes. Après sa mort, Georges Cuvier (père de l’anatomie moderne) s’empresse de récupérer son corps afin d’opérer à un moulage de celui-ci suivi d’une dissection complète toujours au profit de la science. Son squelette, ses fesses et ses organes génitaux seront conservés au musée jusqu’à la fin des années 1970.

venus hottentote

Son squelette, ses fesses et ses organes génitaux seront conservés au musée de l’Homme jusqu’à la fin des années 70.

Un dernier hommage

La dépouille de Sarrtjie est restistuée à l’Afrique du Sud le 29 avril 2002. Ses restes sont inhumés dans sa province natale du Capoù un dernier hommage lui est rendu par son peuple.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/histoire/la-veritable-histoire-de-la-venus-noire_930758.html#deO9cGlWHbjOwzDw.99

Son squelette, ses fesses et ses organes génitaux seront conservés au musée de l’Homme jusqu’à la fin des années 70.

Un dernier hommage

La dépouille de Sarrtjie est restistuée à l’Afrique du Sud le 29 avril 2002. Ses restes sont inhumés dans sa province natale du Capoù un dernier hommage lui est rendu par son peuple.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/histoire/la-veritable-histoire-de-la-venus-noire_930758.html#deO9cGlWHbjOwzDw.99

 [ POUR INFO : Le terme « hottentot » est un terme de géographe, attesté en 1685, hottentot est le nom que les Hollandais ont donné à un peuple de l’Afrique du Sud, parce que, quand les gens ainsi nommés dansaient et chantaient, les Hollandais n’entendaient que la syllabe hot, hot, hot. Les académiciens (neuvième édition, en cours depuis 1994) sont plus précis pour ce qui est de l’étymologie : « Mot néerlandais signifiant proprement « bégayeur », la langue hottentote contenant beaucoup de sons à clics ». Source : http://nouvellelanguefrancaise.hautetfort.com ]

C’est en 2002, seulement, que les restes de la dépouille de Saartjie sont restituées en Afrique du Sud et inhumés dans sa province natale. Dernier hommage de son peuple à celle qui est désormais devenue le symbole de l’oppression coloniale.

A cette BD précède, le film d’Abdellatif Kechiche. La lecture de la BD de Renaud Pennelle est déjà, il faut le dire, très difficile émotionnellement parlant. Le graphisme et le scénario rendent bien compte de la dure réalité subie par cette jeune africaine âgée seulement d’une vingtaine d’années. Mais ce n’était rien comparée au film. Les longueurs et répétitions de certaines scènes soulignent bien (si l’on peut s’exprimer ainsi) les dérives de l’oppression coloniale sur ces peuples considérés alors comme race inférieure.

Lors de ce projet cinématographique Abdellatif Kéchiche s’est dit être guidé par un devoir de mémoire. Un projet qui a eu le mérite, il faut le souligner, de mettre en lumière certains travaux d’historiens, inconnus du grand public. Mais comme chacun sait la mémoire est subjective. Un article vulgarisé des Inrocks  (simple et accessible) permet de replacer l’intrigue dans un contexte historique en faisant émerger un courant d’historiens mené par Pascal Blanchard (spécialiste de l’Empire coloniale français) qui déconstruit la manière dont l’Occident a exhibé, au XIXe siècle, ses peuples colonisés.

Et s’il fallait mettre une note :

Publicités

14 réflexions au sujet de « Vénus noire »

  1. Ping : Le Top BD des blogueurs d’Octobre 2013 | Les Chroniques de l'invisible

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s