Rentrée littéraire 2013

Ito Ogawa, Le restaurant de l’amour retrouvé, Editions Philippe Picquier, 2013

Un jour, en rentrant chez elle, Rinco, une jeune femme de 25 ans, retrouve son appartement complétement vide. Son petit ami avait disparu avec toutes leurs affaires. Désemparée, elle ne peut rester. La douleur est trop forte. Elle doit partir. Elle retourne alors, malgré elle chez sa mère, Ruriko, au bout de dix ans. Ruriko est un personnage farfelu qui vit avec Hermès, un cochon apprivoisé, pourri gâté.  Tout oppose Rinco et Ruriko. La cohabitation s’avère complexe. Mais cela était sans compter sur le restaurant de l’amour retrouvé….

ogawa

Suite à son chagrin d’amour, Rinco a perdu sa voix. C’est désormais grâce à des fiches bristol qu’elle communique avec le monde extérieur. Il s’agit peut-être nous explique-t-elle « d’une sorte de névrose déclenchée par le choc psychologique ». Mais pas seulement. Plus tard elle se rasera complétement la tête : elle n’a « plus le moindre désir de [se] montrer sous un jour avantageux ». Ne pas séduire, ne plus être séduite, pour ne plus souffrir. Rinco a désormais besoin de se protéger du monde qui l’entoure, de se réfugier dans sa passion corps et âme pour ne plus entendre son cœur hurler de douleur.

Rinco a un don prononcé pour la cuisine. Elle avait tout perdu mais il lui restait sa passion, la cuisine, et son corps pour se réaliser pleinement. Après négociations avec sa mère elle obtient de réaménager la remise familiale pour la transformer en restaurant, grâce à l’aide de Kuma, un ami de la famille. Elle nommera ce hâvre de paix L’Escargot : « désormais, avec ce restaurant posé sur mon dos, j’avancerai, lentement. Le restaurant et moi, nous ne formerions plus qu’un. Si je me repliais dans ma coquille, j’y trouverai un paisible lieu de retraite. » Rinco réinvente, avec des produits locaux, des plats traditionnels qui réveilleront avec lenteurs les émotions enfouies de ses clients. La cuisine de Rinco fait des miracles. Elle a l’art de rendre les gens heureux. Elle réalise les rêves, elle redonne le goût de vivre à une vieille dame endeuillée depuis des décennies, elle redonne vie à un lapin à l’agonie… Sa cuisine aurait même, semblerait-il, les même vertues qu’un flirt d’amour. C’est la cuisine de Rinco qui permettra, d’ailleurs, à sa mère de réaliser son rêve de jeune lycéenne : se marier avec son premier amour, le seul et le vrai.

C’est ainsi que l’Escargot devient le restaurant de l’amour retrouvé : premier amour, amour filial, amour propre, amour passionnel, amour pour la cuisine (un évènement tragique paralysera le don de Rinco mais vous comprendrez que je ne peux tout vous révéler ici ! )

Une des clause de la négociation mère/ fille, lors de l’obtention de la remise fut Hermès. Rinco est désormais en charge de ce cochon domestique, de luxe. Chaque matin, Rinco se lève aux aurores afin de préparer du pain maison – aux fruits secs de préférence –  pour Hermès. De longues pages sont consacrées à la complicité naissante et de plus en plus étroite entre la cuisinière de génie et le cochon capricieux. Au départ, j’ai trouvé cette relation étrange, j’ai même trouvé que l’auteure lui consacrait une place trop importante. Mais j’ai fini par m’y faire. Hermès, personnifiée, fait pour moi partie intégrante de la famille de Rinco. Cette dernière la considère d’ailleurs comme sa propre sœur (oui le cochon est en fait une truie). Alors, le jour où (jour inattendu en plus! ) Ruriko demande à sa fille comme dernière volonté (QUOI ?! Elle a dit dernière volonté ? OLALA que de rebondissements ! ) de cuisiner Hermès pour ses noces, le lecteur accueille la nouvelle sous le choc. Un vrai crève cœur. Mais les raisons de ce sacrifice sont expliquées de telle manière que nous arrivons au final à le trouver beau et noble : l’art et la manière de dire les choses.

La lecture est agréable. J’ai passé un bon moment.  Mais à plusieurs reprises, je me suis surprise à sourire presque de manière sarcastique en disant d’une voix quasi éteinte (victime d’une laryngite et non d’un chagrin d’amour veuillez excuser mon manque de glamour) « ooh comme c’est miiignoooon !! ». Je n’irais pas jusqu’à dire que certains passages sont niais (presque en fait), mais peut-être juste un peu trop mielleux pour moi. L’auteure, Ito Ogawa, a beaucoup écrit de livres pour enfants, je crois qu’en lisant Le restaurant de l’amour retrouvé, nous pouvons le deviner.

Ceci étant dit ce Ogawa reste un beau roman d’amour et de partage et je pense qu’il peut largement trouvé sa place sur les étagères d’un CDI de lycée.

Et s’il fallait mettre une note :

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2 réflexions au sujet de « Rentrée littéraire 2013 »

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