L’Étranger

Albert Camus, L’Étranger, Folio, 1957 /Jacques Ferrandez, L’Étranger, Fétiche, 2013

M. Meursault est un jeune homme a priori sans histoires. Il vit à Alger, en Algérie française. Un matin au travail, il reçoit un télégramme : sa mère vient de mourir. Il doit précipitamment  quitter le travail et rejoindre l’asile de Marengo où il veillera le corps de la défunte déjà mise en bière. Meursault ne semble pas ressentir le chagrin attendu par un fils endeuillé. Il ne pleure pas. Après l’enterrement, le lendemain, Meursault décide même d’aller se baigner. Sur la plage il revoit Marie, une ancienne collègue. Ils flirtent. Le projet d’un mariage se dessine rapidement. Un jour en rentrant chez lui, peu de temps après l’enterrement Meursault croise son voisin à la réputation douteuse, Raymond Sintès. Ce dernier lui demande de rédiger une lettre à l’attention de sa maitresse maure qui lui aurait manqué de respect. Quelques jours plus tard, Raymond frappe et injurie sa maitresse dans son appartement. La police intervient. Raymond est convoqué au commissariat. Il demande à Meursault de l’assister en tant que témoin de moralité. Pour le remercier il l’invite avec Marie au bord de la plage, chez son ami Masson. Là, ils croisent des Arabes, proches de la maîtresse bafouée. Une bagarre se déclenche. Un peu plus loin, un peu plus tard, Meursault voit seul l’un d’entre eux. Sur la plage les choses se précipitent. Chaleur étouffante, soleil éblouissant, lame de couteau scintillante… Cinq coup de revolver : Meursault condamné à mort.

images camus

L’Étranger évoque toujours et avant tout le souvenir d’une scolarité : « L’Étranger ? Ah oui je l’ai lu… je ne sais plus trop en quelle classe d’ailleurs ». Paru en 1942, L’Étranger prend place dans la tétralogie (œuvre en quatre volets) que Camus nomme « cycle de l’absurde ». Il décrit les fondements de la philosophie camusienne. Cette tétralogie comprend également l’essai intitulé Le Mythe de Sisyphe ainsi que les pièces de théâtre Caligula et le Malentendu. Le roman a été traduit en quarante langues et une adaptation cinématographique a été réalisée par Luchino Visconti en 1967. Je vous avoue que c’est un peu délicat pour moi de m’attaquer au grand Camus, de rédiger un billet sur ce monument de la littérature française.

Mais je n’ai, de toute manière, pas la prétention  ici  d’étudier de manière approfondie l’absurde ou l’humour ou je ne sais quelle autre thématique abordée et vue au programme de telle ou telle année ; encore moins de faire une analyse philosophique sur l’existentialisme. Ce n’est pas l’objectif ici et je ne saurai pas faire. Cette relecture a été motivé par l’achat récent de l’adaptation en BD par Jacques Ferrandez. Avant de me lancer dans la découverte de cette dernière j’ai voulu me replonger dans l’original pour mieux comparer. C’est sur cette BD que je viens vous soumettre mon avis.

bd

Meursault est L’Étranger. Étranger à lui même, étranger aux autres. Il semble vivre dans l’indifférence. Il se conforte dans sa routine sans se questionner. Ses sensations sont élémentaires. Il le dit lui même « j’ai une nature telle que mes besoins physiques dérangent souvent mes sentiments ». L’amour, le chagrin, la mort lui semblent alors étranger tout comme le monde qui l’entoure. C’est lors de son procès pour meurtre qu’il découvre l’absurdité du monde dans lequel il vit. Camus (ainsi que tout partisan du courant existentialiste) rejette l’hypothèse religieuse qui consiste à croire que l’homme est arrivé sur Terre grâce à la volonté de Dieu où tout doit faire sens pour une vie éternelle. C’est d’ailleurs là précisément que réside un non-sens pour lui. Ce rejet est incarné dans le personnage de Meursault qui reçoit avec violence l’aumônier venu laver son âme de ses pêchés. Lors du procès on le juge tant pour le meurtre qu’il a commis que pour son insensibilité dont il a fait preuve lors de l’enterrement de sa mère puis face au discours religieux. La sentence de celui que le procureur a nommé l’antéchrist insensible ne pouvait avoir d’autre issue que la guillotine.

L’adaptation en BD est intéressante. Elle vulgarise et met à la portée de tous ce classique par moment un peu complexe.  Mais à mon sens elle dessert au message philosophique camusien. Jacques Ferrandez est resté très fidèle à L’Étranger de Camus. Malgré tout, les contraintes dues  au support ne permettent pas de traduire la subtilité de la pensée et des propos d’Albert Camus. Dommage.

Découvrez les premières pages ici :

Et s’il fallait mettre une note :
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