Chroniques de Jérusalem

Guy Delisle, Chroniques de Jérusalem, Delcourt, 2013

En 2008, Guy Delisle s’installe à Jérusalem pendant un an, avec sa femme et ses deux enfants. Il suit Nadège, sa femme qui travaille pour Médecins sans frontières. C’est alors, à lui que revient la gestion de cette petite famille. Il retranscrit d’ailleurs avec beaucoup d’humour sa vie de « femme au foyer ». Dès qu’il trouve un peu de temps, il s’adonne à son travail de dessinateur. Jérusalem lui offre pour cela un paysage exceptionnel chargé de symboles religieux et historiques. Il décide de partager son travail sur un blog qui lui  permettra également de faire de nouvelles rencontres.

Chroniques-Jerusalem

En 2008, Guy Delisle et sa famille se retrouve dans la tourmente d’un conflit complexe. Il réussit admirablement bien à retranscrire cette complexité avec une simplicité déconcertante. Il se focalise sur le mur de séparation et autres frontières réelles et imaginaires qui divisent les différentes communautés. Il met ainsi en lumière la situation absurde et dramatique que subissent les autochtones.

La bande dessinée apparaît comme un moyen de communication EX-TRA-ORDINAIRE !

Outres ses talents de dessinateur, Guy Delisle s’avère être un pédagogue hors pair. Il apprend et transmet. Curieux, il suscite notre soif d’apprendre. Ces anecdotes sont à ce titre, une vraie mine d’or !

En voici une pour vous mettre en appétit :

« L’Église Orthodoxe russe Maria Magdalena possède sept toits en or qui brillent de mille feux. Mais bon, quand on sait ce que ça a coûté en vies humaines pour obtenir ce résultat, on est moins enthousiaste… A force de traîner avec un prêtre, j’ai entendu quelques petites anecdotes surprenantes. Pour garder tout son éclat, un toit en or doit être refait tous les 20 ans. La technique utilisée consiste à fixer l’or à l’aide d’une préparation au mercure qu’on fera évaporer par la suite. Le problème, c’est que les vapeurs de mercure sont extrêmement nocives pour la santé. Alors on a eu l’idée d’aller dans des prisons russes proposer à des condamnés à mort de participer à la rénovation du lieu saint. Le prisonnier pouvait escompter un an ou deux de sursis avant de succomber des suites de son travail ».

Heureusement quelques traditions se perdent…

Regard humoristique sur une situation tragique, cette BD est pour moi un véritable coup de cœur que je vous conseille vivement !

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8 réflexions au sujet de « Chroniques de Jérusalem »

  1. J’avais adoré Chroniques de Jérusalem, mais mon préféré de l’auteur reste Pyongyang, que je te recommande ! Je l’ai chroniqué sur mon blog l’année dernière.

  2. Ah je veux lire cette BD depuis un moment, là tu m’as décidée à me bouger, je l’ai enfin réservée à la médiathèque !! 😀

  3. J’ai découvert cette BD après le prix reçu à Angoulême. J’ai eu un coup de coeur et je l’ai fait découvrir en cours à mes élèves de terminales, c’est pourquoi j’ai suggéré l’achat au CDI 😉 J’ai aimé aussi Pyongyang, pour le côté tellement absurde la Corée du Nord, mais aussi Chroniques birmanes, qui ressemble plus aux chroniques de Jérusalem. Le pitch est le même, sauf que Guy Delisle n’avait qu’un enfant lors de ce séjour. Je suis rentrée en contact avec l’auteur par son blog (http://www.guydelisle.com/blog/), et je le remercie encore de sa gentillesse pour obtenir les droits de reproduction d’un extrait de planche pour le site académique (http://histoire-geographie.ac-dijon.fr/spip.php?article647#647), auprès de la maison d’édition.

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