Rentrée littéraire 2013

Martin Caparros, Living, Bustel. Chastel, 2013.

Juan Domingo Remondo – surnommé Nito –  naît en juillet 1974, dans un contexte de deuil national. L’Argentine pleure la disparition de son président Juan Peron. C’est le début d’un destin exceptionnel. La mort ne quittera plus la vie de Nito. Très tôt, il perd son père. Adolescent, c’est son grand-père qui le quitte. Le décès de ce dernier ravive alors, des blessures enfouies à la suite du décès de son père. Il décide donc d’aller à la rencontre du responsable. Non satisfait de l’accueil du meurtrier, Nito veut se venger. C’est alors qu’il se découvre une passion macabre… pour la mort. Nito est un jeune homme très intelligent. Il dresse d’ailleurs, avec sarcasme un portrait acerbe de l’Argentine et des Argentins : masse d’individus stupides, naïfs sans doute responsables de la déroute du pays. Cette naïveté va jouer en sa faveur. Il devient prédicateur pour le gourou évangéliste Trafalgar. Nito est doué pour prédire la mort de ceux qu’il nomme ses cibles, futures ouilles de Trafalgar. Très vite l’Église s’en mêle. Les choses tournent mal pour Nito. Il s’exile. Mais revient quelques semaines plus tard en quasi héros… missionné pour un projet délirant : living.

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La narration de Living manque amèrement de fluidité. Même si l’auteur a pris soin de diviser en chapitres les différentes étapes de la vie de Nito, de nombreux éléments viennent complexifier la compréhension de l’intrigue principale. Entre chacun de ces chapitres, un récit, une conversation. C’est seulement à la fin que l’on comprend qu’il s’agit en fait de la genèse du projet délirant auquel Nito va participer. Aussi, des personnages apparaissent et disparaissent tout au long du récit. Le narrateur s’arrête parfois longuement, trop longuement, sur la vie de ces personnages secondaires, sans importance, et nous perd dans des détails inutiles. Des longueurs et répétitions rendent la lecture désagréable.

Pourtant, la lecture de ce Caparros ne laisse pas indifférent.

Living semble vouloir choquer, bousculer son lecteur s les premières pages par un vocabulaire, des descriptions crues parfois même glauques. Nito consacre des pages entières à la vie sexuelle de ses parents dans le moindre détail et finit en s’adressant au lecteur « certains d’entre vous se demandent sûrement pourquoi je m’étends sur les relations sexuelles entre mes parents et pensent à tort que je défends certaines idées selon lesquelles l’individu se définit par sa vie sexuelle ». Pourtant tout au long du roman, Nito nous livre, sans pudeur, ses expériences sexuelles (solitaires ou partagées) qui  semblent marquer à chaque fois des moments clés de sa vie. La façon qu’il a de considérer ses parents et les Argentins en général provoque un certain malaise.

La dernière partie du roman est à mon sens la plus intéressante. Elle révèle la faiblesse  et la crédulité d’une population apeurée par un futur incertain.

Et s’il fallait mettre une note :

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2 réflexions au sujet de « Rentrée littéraire 2013 »

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